Vous m’avez dit sorcière?!

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Première blague journalière: je m’achète de quoi manger avant mon périple, je tombe sur ce magazine surplombant l’étalage de cette petite librairie – épicerie de village. La vie m’offre de quoi rire, courage et amuse toi, joue même à la sorcière si tu veux!

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J’entre, je ne veux pas, mais je me dois. Souris, inspire, souffle doucement et émerveille toi! Efforce toi! Puisqu’il est temps de laisser partir. Puisqu’il est tant de marquer la fin et le renouveau. Ce cher canyon drômois, terrain de jeu, symbole de notre union « au delà du terrestre », notre enivrement, notre complicité, notre insouciance, nos rires, nos légendes, nos étincelles.

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Marche pensive, grave. Mort à l’âme. Tantôt élan d’amour, tantôt pensées de colère, d’injustice, de culpabilité, de regrets. Tremblotante. Je ne veux pas! Souris, inspire, souffle doucement et émerveille toi! Efforce toi!

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Seconde blague journalière: le printemps est là, ta saison. La vie reprend. Très bien, je constate!

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Je grimpe jusqu’à la trace qu’il reste de nous. Les yeux brouillés de larmes, je manque de tomber et peste contre moi-même, contre le sort. Souris, inspire, souffle doucement et émerveille toi! Efforce toi!

Troisième blague journalière: à ce moment précis, un busard me survole, proche. Son cri fort, strident, me fait sursauter et me pousse hors de ce tourbillon de pensées, comme un souffle de vie venu d’ailleurs. Réveille toi, bouge toi!

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Je m’enfonce jusqu’au « lieu temple ». Arrivée. Dernière blague journalière: quelques prénoms font traces sur une des parois sablonneuses. « Nath 2019 » me frappe d’un gros coup derrière la nuque. Colère! Non, pas elle, pas ici! Elle n’est que tentation et futilité, elle n’a pas sa place ici! Merde, merde et remerde! C’est du harcèlement! Oui, non, peut être. Regarde les choses telles qu’elles sont en cet instant! Tu n’appartiens à rien, ni à personne. Ta vie ne doit dépendre de rien, ni de personne. Souris, inspire, souffle doucement et émerveille toi! Efforce toi!

Tournée vers moi-même, la larme à l’œil, le bide béant, la tête pleine, la poitrine comprimée et le cœur serré, j’opte finalement pour la naïveté, le sourire, la légèreté et la douceur: une plume de hibou, un cœur. Souris, inspire, souffle doucement et émerveille toi! Efforce toi! Puisque c’est cet amour qui est né ici, puisque c’est le hibou grand duc qui a choisi de me transmettre sa force ici, puisque je constate l’arrivée du printemps ici, puisque ce busard m’a offert son élan vital ici.

Et puisque l’Amour est là, quoiqu’il arrive.

La vie ne serait-elle qu’un enchaînement de blagues?

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Chemin de guérison

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Katharina, la cinquantaine bien passée. Un beau visage qui laisse percevoir les épreuves, le nomadisme, les galères, la joie de vivre, la tranquillité. Œil vif et souriant. Cheveux longs, point tatoué comme un troisième œil. Elle m’ouvre son sourire, ses bras, sa maison et son cœur.

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Elle me donne, la confiance s’installe, l’énergie circule de l’une à l’autre, puis de l’autre à l’une, humble, droite, douce, enveloppante, profonde. Découverte de l’hypnose, pleurs, angoisse, expulsion. Reversing, spasmes, voyage, rapace, détente.

Elle m’explique l’histoire, la sienne, celle qui lui a été transmise.

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Et puisque dorénavant l’avancée doit être solitaire, je fais des promesses, difficilement. Katharina m’encourage, me maintient.

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Merci à elles.

Entre contemplation et désir de possession

Une attirance: le hibou grand duc.

Deux possibilités: la fauconnerie ou la recherche de contemplation à l’état sauvage.

La séduisante fauconnerie comme un défi, comme une possibilité de créer un lien privilégié avec le rapace, comme une volonté de s’apprivoiser soi-même et l’animal, comme un sentiment de reproduire des gestes ancestraux, comme une possibilité de n’être uniquement emprunte que du présent. 

Je suis arrivée la tête pleine. Mon mode de vie me réduit à une tête pleine qui subit son quotidien. Peu de place pour le corps ou alors en des points précis et douloureux, tête lourde, épaules tendues, cœur serré, plexus comprimé, lombaires rigides, intestins détraqués.

« Enfile un gant », me dit-on. « On part en forêt pour nourrir deux rapaces. Tiens prends des bouts de poussins congelés. On y va! » Ah bon! Je ne m’y attendais pas. Quelques instructions, et me voilà en compagnie d’Ulysse, une buse harris au poing. Je redeviens corps complet et instinct. Je lâche Ulysse, il se perche non loin sur une branche et accepte de revenir se nourrir sur mon poing. La notion de temps, les préoccupations, les douleurs disparaissent. Je remercie Ulysse, un jeune mâle agile au caractère craintif, emprunt de douceur qui m’a permis d’interagir avec lui. Une belle rencontre.

Mon élan me pousse vers la fauconnerie, avec en arrière plan un désir de possession, d’exclusivité. Avec des interrogations autour de la nature humaine qui semble en recherche d’appropriation, de maîtrise.

Mon cœur m’invite au calme, à la patience, à la contemplation avec en arrière plan une invitation à l’observation, au détachement, à l’intégration d’un tout non hiérarchisé.

De même que mon élan m’a poussé longtemps à garder toutes mes productions céramiques, les satisfaisantes, les disproportionnées, les essais. Garder, tout. Il fallait que je produise vite pour posséder, comme une démonstration de ma valeur propre, réussir, prouver. Pourtant casser est une nécessité. Mon cœur m’a appris à casser, à lutter contre les pièges tendus par l’ego.

Choix de l’élan ou du cœur? Choix de l’ego ou de l’humilité? Choix de la parade ou de la sincérité?

La fauconnerie comme désir de possession. L’observation comme invitation à la contemplation.

Chez Gabriella

Dès l’arrivée, l’évidence est là. Je suis là où je dois être, à la bonne place. J’ai enfin trouvé un lieu qui murmure de jolies histoires de terres, de bois, d’acier non loin de mon domicile.

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L’atelier des « mille et une terres », l’atelier des mille et une rêveries,

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Des mille et une matières.

Griffée, polie, tapée, séchée, trouée…

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Elles m’inspirent ces mille et une terres et Gabriella me transmet.

Simplicité, humilité.

Et les rencontres sont riches et les échanges sont forts et les ponts se tissent. Et mes mains sont douces. Et mes sens trépignent de joie.

Et mon corps est jouissance.

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Merci à Gabriella pour cette transmission et cette bonne humeur à « l’allemande »!

http://gabriellakrewet.wixsite.com/gabriella-krewet